Voilà une carte graphique que personne ne veut, pas même le pays pour lequel elle a été conçue. La Chine a bloqué les importations de la RTX 5090D V2 de Nvidia, un modèle bridé créé spécialement pour son marché. Le blocage est tombé pendant la visite de Jensen Huang à Pékin, et pour la première fois c'est la Chine qui interdit la carte, pas les États-Unis.
Une carte née des restrictions américaines
Pour comprendre l'absurdité de la situation, il faut remonter un peu dans le temps. Les États-Unis ont d'abord interdit la vente en Chine de la RTX 5090 classique, jugée trop performante pour l'IA. Nvidia a réagi en sortant la RTX 5090D, avec des capacités d'IA réduites. Washington a interdit celle-là aussi. Du coup Nvidia a fabriqué une troisième version, la RTX 5090D V2, avec 24 Go de mémoire GDDR7 au lieu de 32, et une bande passante en forte baisse. Une carte volontairement diminuée, vendue autour de 2 299 dollars en Chine, et réservée à ce seul marché. C'est ce modèle-là que Pékin vient de refuser.
Un blocage en pleine visite de Jensen Huang
Les douanes chinoises ont prévenu les transporteurs et les revendeurs : plus aucun permis d'importation ne sera délivré pour la RTX 5090D V2. Le timing est improbable. Le blocage est tombé alors que Jensen Huang, le patron de Nvidia, se trouvait justement à Pékin, intégré à la dernière minute à la délégation de Donald Trump. Pékin n'a donné aucune justification officielle. Nvidia, de son côté, a visiblement été pris de court par la décision.
Pékin pousse ses propres puces
Derrière ce blocage, il y a une stratégie assez claire. La Chine veut que ses entreprises d'IA se tournent vers des puces locales plutôt que vers du matériel américain, même bridé. Et ça marche : Huawei devrait rafler la plus grosse part du marché chinois des puces IA cette année, avec des ventes en hausse d'au moins 60 %. Le problème pour Nvidia, c'est que la RTX 5090D V2 n'existe que pour la Chine. Sans le marché chinois, ces cartes n'ont nulle part où aller. Résultat, la RTX 5080 devient le modèle le plus haut de gamme que Nvidia peut encore vendre là-bas.
On en dit quoi ?
Nvidia est coincé entre Washington et Pékin, et ça se voit. L'entreprise a passé des mois à brider ses propres cartes pour continuer à vendre en Chine, et voilà que la Chine n'en veut plus. À force de raboter les performances pour contenter Washington, Nvidia a fini par proposer un produit que plus personne ne considère. Pékin préfère désormais ses propres puces, quitte à se passer du numéro un mondial.